Démarche

 

Enfin dépasser la ligne,
déborder du contour, abandonner sa main.
Marcher dans les flaques,
laisser des empreintes, recouvrir,
créer des fissures, des imperfections.
Griffer la peinture dans l’épaisseur des couches,
errer sur la surface,
faire des taches, tracer, puis effacer,
accepter de se perdre,
chercher « son endroit », tel un chat.

Longtemps l’appareil photo a été mon moyen d’expression. Il m’a permis de découvrir, d’observer, de rencontrer. La photographie exige et permet à la fois de faire un choix dans tout ce que nos yeux peuvent percevoir de la réalité, pour construire une image, avec un sujet, une émotion, une composition, des lignes, une lumière.

_MHC4465Malgré cette liberté, au fil du temps la photographie m’a semblé un peu froide, trop nette, d’une surface trop lisse.
Par la peinture et par les gestes qu’elle impose, une écriture plus personnelle a émergé, inspirée par les traces et marques du temps sur les rochers, l’écorce des arbres ou par la rouille. Sur les vieux murs aussi, décrépits et maintes fois repeints, où apparaissent parfois des mappemondes, ou des silhouettes anthropomorphes…

Je représente des femmes et des hommes vus comme de simples éléments du règne animal, des animaux qui ont des choses à dire, je peins les désordres du monde, ou bien un univers de rêve et de fantaisie…
Comme l’a dit Pierre Desproges : « Un jour j’irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien ».

M.-H. Carcanague 03/16